Comment va se dérouler la reconstruction de Notre-Dame de Paris ?

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Un terrible incendie – intervenu le 15 avril dernier – a réduit en cendres la toiture de Notre-Dame. Plusieurs jours après cet événement tragique, l’heure est désormais à la reconstruction. Les travaux de consolidation et de sécurisation précèderont la reconstruction de la cathédrale.

Dans la soirée du lundi 15 avril, les Parisiens ne pouvaient croire à l’horrible spectacle qui se présentait à leurs yeux. La cathédrale Notre-Dame – symbole de la beauté et de l’histoire de Paris – était en proie à un violent incendie. Les flammes avaient alors provoqué l’effondrement de sa flèche. La fumée avait assombri le ciel parisien. Les habitants de la capitale n’avaient pas besoin de ce désastre. Eux qui étaient déjà découragés par les violences à répétition à cause des manifestations des Gilets jaunes chaque samedi.

Le spectacle de flammes jaillissant de la toiture en bois de la cathédrale – sa flèche rougeoyante se transformant en cendres – a évidemment abasourdi des milliers de spectateurs. Ces derniers s’étaient d’ailleurs rassemblés le long des rives de la Seine et s’étaient aussi précipités sur la place de l’Hôtel de Ville. Certains couvraient leurs bouches face à cette vision d’horreur, d’autres tentaient en vain de sécher leurs larmes.

Environ 500 pompiers ont été mobilisés pour combattre l’incendie pendant près de cinq heures. Il avait fallu attendre jusqu’à 23h00 pour obtenir des nouvelles rassurantes du chef de pompiers, Jean-Claude Gallet. Ce dernier avait indiqué que l’édifice avait été « sauvegardé et conservé dans son ensemble ». Les deux magnifiques tours – s’élevant au-dessus de la ligne d’horizon – avaient été épargnées. Cependant, les deux tiers de la toiture ont été détruits.

La tragédie n’a fort heureusement fait aucune victime. Toutefois, les autorités ont communiqué la grave blessure d’un pompier.

Construite du XIIe au XIIIe siècle, la cathédrale Notre-Dame est un joyau de l’architecture gothique médiévale. Celle-ci est un repère non seulement pour Paris où elle s’accroupit fermement et gracieusement en son centre, mais aussi pour le monde entier. Environ 13 millions de personnes visitent la cathédrale chaque année. Pendant des siècles, les rois et les reines de France s’y sont mariés. Napoléon fut couronné empereur à Notre-Dame en 1804. La cérémonie d’Action de grâce après la libération de Paris en 1944 s’y est également déroulée – en la présence de Charles de Gaulle. Les dirigeants du monde entier s’y étaient réunis pour rendre hommage à De Gaulle en 1970, puis pour le président François Mitterrand en 1996.

Quelle est l’ampleur des dégâts ?

L’effondrement de la célèbre flèche de Notre-Dame a sans doute été un des faits marquants de l’incendie. La chute de la structure en a choqué plus d’un. Les flammes se sont propagées jusqu’à ce qu’elles engloutissent entièrement la toiture. Il n’y avait alors plus rien pour soutenir l’emblématique flèche de l’édifice – ce qui a provoqué son effondrement. La flèche – avec une structure en bois recouverte de plomb – s’élevait à 93 mètres au-dessus du toit de la cathédrale. Il faut savoir que l’élément pesait 250 tonnes. Cette partie notable de Notre-Dame nécessitait une restauration coûteuse, cela afin de renforcer sa résistance face aux intempéries. Celle-ci doit maintenant être complètement reconstruite.

Il n’est rien resté de la toiture après l’incendie. Tous les éléments de charpente ont été réduits en cendres. Bien entendu, le toit s’est complètement effondré, avec des débris carbonisés retrouvés éparpillés sur le sol au lendemain du sinistre.

Mardi, après la tragédie, on apprenait également que la voûte en pierre avait subi de sérieux dommages. Le ministre français de la Culture, Franck Riester, faisait savoir que trois parties de la voûte s’étaient effondrées. Par ailleurs, la voûte en pierre constituait d’une certaine manière le plafond de l’une des parties principales de la cathédrale. Aussi, les autorités s’inquiètent maintenant pour les pièces intactes. Ces dernières risquent d’être endommagées par l’énorme  quantité  de bois carbonisés et d’eau provenant de la toiture.

Les trois impressionnantes rosaces circulaires de Notre-Dame datent du XIIIe siècle. Celles-ci ont déjà été rénovées à plusieurs reprises. Celle du sud semblait être intacte, tout comme celle de la façade ouest qui se trouve entre les deux tours – que les touristes peuvent arpenter – sur la façade de la cathédrale. Pour l’heure, aucune indication sur l’état de la fenêtre nord. Cependant, lors d’une intervention à la caméra de BFM TV, l’archevêque de Paris a déclaré que les trois rosaces circulaires avaient été sauvées. Il faut savoir que les vitraux montrent des prophètes, des saints, des anges, des rois et des scènes de la vie quotidienne de personnages saints. On note au centre de chacune rosace une image de la Vierge Marie, du Christ en tant que bébé ou du Christ en tant que roi régnant sur le ciel.

D’autre part, les parties en pierre de la cathédrale n’ont pas subi de sérieux dégâts. Les deux énormes tours étaient en grande partie indemnes. Les clochers ont apparemment été épargnés. Cependant, des inspections plus détaillées seront effectuées à mesure que les autres parties de la structure refroidiront et seront sécurisées.

Les premiers travaux pour Notre-Dame de Paris

Aujourd’hui, on peut considérer Notre-Dame de Paris comme un géant avec un genou à terre. L’incendie a fait des dommages considérables, même si celui-ci a laissé une grande partie de la structure intacte. L’urgence maintenant n’est pas la reconstruction proprement dite de la cathédrale. Il faut faire en sorte que le géant parisien ne mette pas l’autre genou à terre. Sans toiture, ce monument historique français est exposé aux conditions météorologiques et climatiques défavorables. Pour illustrer cela, on peut prendre l’exemple de la pluie. Cette dernière est parfaitement en mesure d’affaiblir la structure de Notre-Dame.

Les premiers travaux vont ainsi consister à consolider l’édifice, ainsi qu’à sa sécurisation. Cela devrait se traduire par la mise en place d’infrastructures temporaires.

La pluie attendue à Paris plus tard cette semaine, les ouvriers de Notre-Dame de Paris ont mis en place des bâches géantes pour protéger l’intérieur du bâtiment. Le catastrophique incendie a détruit le grenier de la cathédrale et le toit en plomb. Cela a alors laissé des trous béants dans l’immense plafond voûté – en laissant l’intérieur de l’édifice dangereusement exposé. Mardi, une équipe de travailleurs spécialisés dans l’utilisation de cordes à haute altitude – des alpinistes d’une certaine manière – s’est employée à installer les bâches. « Nous travaillons aussi vite que possible », a déclaré l’architecte Philippe Villeneuve. Les alpinistes sont « habitués à travailler dans des conditions périlleuses, ils connaissent ce genre de travail », toujours selon l’architecte.

Avant la pose de la bâche, les ouvriers ont installé des poutres métalliques préfabriquées, afin de servir de charpente.

Le travail est dangereux, non seulement à cause de la hauteur de la cathédrale, mais aussi à cause de l’incendie qui a laissé le bâtiment instable. En effet, personne ne peut savoir avec certitude quelles parties pourraient s’effondrer après cette exposition prolongée sous une chaleur extrême il y a quelques jours.

Après l’incendie, les dons se sont multipliés pour la reconstruction de la cathédrale. Ceux-ci dépasseraient le milliard d’euros. Selon les premières estimations, plus de 800 millions d’euros devraient être investis dans la reconstruction de Notre-Dame de Paris. Oui, il faut reconstruire, mais comment ? Il s’agit de la principale problématique actuellement. D’autres veulent que l’on reconstruise la cathédrale telle qu’elle. Certains avis recommandent toutefois une modernisation de l’édifice.

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