La reconstruction de Notre-Dame de Paris : un chantier qui divise

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Les experts et politiques se divisent sur la reconstruction de la cathédrale, depuis l’incendie emportant la toiture millénaire ainsi que la flèche de Notre-Dame de Paris. Le lendemain du drame, le Président de la République annonçait : « Nous rebâtirons la cathédrale plus belle encore, et je veux que cela soit achevé d’ici à cinq années ». Le Premier Ministre déclarait le surlendemain l’organisation d’un « concours international d’architecture » qui permettra de rebâtir une flèche probablement « adaptée aux techniques et aux enjeux de notre époque ». Une telle déclaration suffit pour ranimer le débat entre les anciens et les modernes.

Ce qu’il faut savoir sur la querelle entre les anciens et les modernes

Une dissension d’idées existe entre les architectes voulant la reconstruction de la cathédrale conformément  à l’identique, et ceux qui souhaitent  remettre son aspect d’origine mais avec des matériaux contemporains. Une autre partie d’intervenants souhaite attendre le résultat du concours pour donner leurs idées. Pour Jean-Michel Wilmotte, il faut que la flèche soit en verre ou en carbone, la charpente en acier, la toiture en titane, et les matériaux deux à trois fois plus légers que le plomb et le bois d’antan.

L’autre courant d’idée fond son opinion sur la citation de ­Viollet-le-Duc : « Restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné. », ou encore de Victor Hugo : « Chaque flot du temps superpose son alluvion, chaque race dépose sa couche sur le monument, chaque individu apporte sa pierre. »

Le débat autour de la reconstruction du monument en 5ans

Emmanuel Macron faisait connaitre au public son objectif de finir le chantier en cinq ans. Or, Charlotte Hubert, architecte en chef Monuments historiques chargée par le ministère de la Culture, avec trois de ses confrères, de gérer les « travaux d’urgence impérieuse » de la cathédrale n’en croit pas. Selon elle, « la contemporanéité de la flèche n’est pas actée », et que le chef- d’œuvre de Viollet-le-Duc peut être « restitué » comme il l’a été avant l’incendie. Elle rajoute que « nous avons cinq ans pour que Notre-Dame soit sécurisée, rouverte et visitable ». Concernant la flèche, celle-ci constitue une autre question. Or, le Président de la République a réitéré vendredi que le chantier serait terminé dans son ensemble, en cinq ans.

Selon l’architecte, « Vouloir alléger la toiture n’a pas de sens. La cathédrale a besoin de ses 250 à 300 tonnes de plomb pour maintenir une contre-poussée des voûtes. En plus, le plomb a une durée de vie inégalée en couverture, c’est un matériau recyclable à l’infini. Quant au bois de charpente, il est bien plus écologique que le métal ou le béton. ». Et elle a également ajouté que : « « Notre-Dame doit garder une trace de l’incendie, l’édifice doit se souvenir de cette émotion planétaire. Mais il doit aussi retrouver sa silhouette. Le monde nous regarde. »

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